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 Bonjour je m'appelle Ivy !

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Ivy Samuels
❝Black Widow❞

◮ Ici depuis le : 11/08/2015
◮ Messages : 83

MessageSujet: Bonjour je m'appelle Ivy !   Lun 17 Aoû - 14:29


Ivy Martina Samuels
❝I al and always will be the optimist. The hoper of far-flung hopes and dreamer of improbable dreams.❞



Nom(s) et prénom(s) → Samuels, ça va c'est classe. Ivy, là ça va encore, c'est court et efficace. Puis Martina. Là. Là ça ne va plus. Date et lieu de naissance → 17 avril 1990 ; quelque part en Angleterre ; probablement à Londres, mais mes parents adoptifs m'ont déclarée à Hertford. Âge → Vingt-cinq ans. Nationalité et origines → Anglaise bitch please ! Statut civil → Fiancée au plus jfhdgkjhfdgjkhd des geeks. Occupation(s) → Blogueuse et auteure culinaire + maman. Situation financière → Euh ça va ? Traits de caractère → enjouée - rigolote - créative - pétillante - sociable - maladroite - insatisfaite - possessive - un peu jalouse - complexée - gourmande (?) - boudeuse Groupe → Dream On

✿ Boston Calling

Ce que je fais le matin : Euuuh. Ca dépend des matins. Ca va dépendre du jour, si Eli est là ou pas, si Louise est réveillée à l'aube ou non. Mais, la plupart du temps, je récupère Poussinou dans son berceau pour la rapatrier dans notre lit afin qu'elle dorme. Si ça marche ? Des fois. C'est complètement aléatoire.
Ce que j'aime : Moult choses ! J'aime bien faire des couettes dans les cheveux de ma fille. Ma série préférée c'est Doctor Who. Et mon film... Impossible de choisir ! J'ai peut-être une préférence pour les comédies romantiques genre... Le journal de Bridget Jones ! Ma couleur préférée c'est le bleu ciel ; j'aurais pu dire bleu Tardis mais non. Je n'ai pas vraiment de plat préféré ; j'aime tout ou presque tout. A une époque je lisais ; j'aimais bien faire ça puis Poussinou a débarqué et bizarrement, j'ai largement moins le temps de le faire. A part peut-être Tchoupi ou Paddington. Grande littérature. La cuisine ; je passe un peu ma vie à cuisiner, mais d'un côté c'est un peu mon métier. De cuisiner. J'aime quand le matin, on est tous les trois couchés dans le même lit ; qu'on se fait des câlins et tout. Puis j'aime voir la frimousse toute barbouillée de Louise lorsqu'elle décide de manger toute seule. J'aime lorsqu'Eli essaie de m'expliquer quelque chose qui lui tient à coeur -et ça a forcément un rapport avec Marvel- parce qu'il ne comprend pas que ça puisse me laisser de marbre. COLDPLAY. -mode fangirl on-
Ce que je n'aime pas : Les courgettes. Oui, parfaitement ! Je trouve ça trop bizarre. Je n'aime pas vraiment tout ce qui est Marvel ; et heureusement pour moi que mon cher et tendre m'aime beaucoup beaucoup pour accepter ça. Je déteste les films qui font peur ; parce que je suis peureuse, d'accord ? Je n'aime pas le froid ; hélas pour moi, j'ai toujours connu des hivers avec de la neige et du froid. Skyper avec ma mère. Enfin, si mais le souci c'est que ma mère est extrêmement bavarde alors quand je lui téléphone, je dois au moins prévoir deux ou trois bonnes heures. Je n'aime pas les araignées ; c'est moche, ça fait peur et voilà. Les orages, autant les éclairs je trouve ça beau mais le tonnerre... Brrrr ! Et le noir aussi. Si Eli n'est pas là, je suis incappable de dormir seule dans le noir.




✿ Behind the curtain
Pseudo/prénom → VioletHill / Ju' Âge → Vingt-eux aaaaans Fréquence de connexion → Je sais paaaaas ! Scénario ou personnage inventé ? → L'inventance de moua ! DC/MC → Eglantine de Lavallières Le mot de la fin → Tardis



Dernière édition par Ivy Samuels le Lun 17 Aoû - 18:10, édité 12 fois
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Ivy Samuels
❝Black Widow❞

◮ Ici depuis le : 11/08/2015
◮ Messages : 83

MessageSujet: Re: Bonjour je m'appelle Ivy !   Lun 17 Aoû - 14:29


Did you say marmalade ?








Westfield Road; une petite rue résidentielle ordinaire dans la ville d’Hertford, en Angleterre. Vous visualisez tous ces rues typiquement anglaises, avec les maisons en brique rouges ou jaunes, aux toits pointus en ardoise noire, avec ce carré de verdure sur le devant. Mais si, même si vous n’avez jamais mis un pied en Angleterre, il vous suffit de revoir la fameuse rue d’Harry Potter, vous savez, 4 Privet Drive. Là voilà, vous avez ça en tête ? Eh bien maintenant vous voyez ces quatre maisons côte à côte ? Oui, sur l’une d’elle, la pelouse est couverte de jouets d’enfants. Quel bazar hein ? Vous entendez ces cris ? Ces rires ? Ils sont quatre, ils ont entre cinq et trois ans. Deux filles et deux garçons, l’équilibre parfait ! Quatre maisons, quatre enfants. Oh regardez, l’un d’eux vient de pointe le bout de son nez hors de la grande boite en carton qui est de temps à autre agitée dans tous les sens. Deux yeux verts pétillants, un visage rond aux joues roses encadrés par des cheveux d’un roux éclatant. Voilà la jeune Daisy Powell, qui du haut de ses trois ans respire déjà l’intelligence. Elle habite la maison numéro six, juste à côté de la numéro quatre. Et justement, le plus jeune habitant de cette maison sort à son tour sa tête de la boite. Des cheveux châtains clairs en batailles, les sourcils froncés et un pansement Batman sur le nez, ce jeune garçon de quatre ans est Andrew Bennet. C’est le gamin toujours entrain d’escalader tout et n’importe quoi, à avoir des bleus, des plaies et des bosses sur tout le corps. Oh mais voilà une touffe brune qui masque des yeux verts foncés. Le gamin souffle dessus en fronçant les sourcils, que font donc ses amis ? L’air toujours un peu foufou, Elijah Phillips est le plus âgé de la bande. De ses cinq ans, il dirige les autres et s’est lui même promulgué chef, après tout, c’est lui qui dirige le vaisseau spatial, oh et il habite la maison numéro deux ! Une petite voix et Elijah se pousse pour laisser sortir une petite brunette. L’air espiègle, ses yeux chocolats pétillants de malices, l’habitante de la maison numéro huit ; Ivy Samuels. Elle a le même âge que Daisy, elles sont d’ailleurs dans la même classe. Vous les voyez ces quatre jeunes enfants ? Sortant d’une immense boite en carton qui pour eux, est devenu un vaisseau spatial ? Ce sont les meilleurs amis du monde. D’ailleurs, là, cette petite brune qui court attraper un pistolet à eau. Oui, celle-là même qui vient de se rétamer sur la pelouse. Eh bien c’est moi.

« Allez souffle tes bougies qu’on mange le gâteau ! S’impatiente Elijah.
-Oui souffle Ivy, on meurt de faim ! Renchérit Daisy dont le chapeau de cowboy, trop grand, lui tombe sur les yeux.
-Vous croyez qu’ils vont où, les voeux des gâteaux.... Se questionne Andrew, le rêveur de la bande.
-Oui oui, deux minutes, je réfléchis à mon voeux roooh ! Je gonfle mes joues et souffle d’un coup pour éteindre les huit bougies sur mon gâteau. Voilààà
-Ouaaiii, joyeux anniversaire Ivy ! » S’exclame mes trois amis en même temps.

Mon voeux ? Que nous restions tous les quatre pour toujours. Ma mère se penche pour couper le gâteau. Un peu plus loin, assises sur la table du salon, les autres mères bavardent. Les pères sont dehors, à parler voiture ou je ne sais quoi. Chacun leur tour, Elijah, Daisy et Andrew me tendant des paquets, leurs cadeaux. Un sourire jusqu’aux oreilles, je prends d’abord celui de Daisy qui trépigne d’impatience en disant que je dois ouvrir le sien en premier. Je déchire l’emballage en vitesse et sans la moindre délicatesse pour trouver un poulpe en peluche violet, absolument trop mignon !

« Oh il est trop mignon !
-T’auras le même que le mien, mais en violet ! T’es contente ? Me demande Daisy.
-Oh ben oui, il est beau ! Dis-je en serrant la peluche contre moi. Allez paquet suivant ! »

Andrew me tend le sien, il est rectangulaire et assez gros. Je me demande ce qu’il peut bien renfermer... Comme pour le précédent cadeau, je déchire le papier cadeau à fleurs pour trouver un livre, un beau livre ! Avec de beaux gâteaux à l’intérieur, un livre de recettes !

« Un livre de gâteaux ! Merci Andrew !
-Comme ça tu pourras faire des gâteaux aussi beau qu’à la télé et dans les livres !
-Voui... Merci beaucoup ! »

Vient le tour d’Elijah. Son paquet est tout petit, mais je ne m’en formalise pas. Pourquoi le ferais-je ? Je suis tellement contente qu’il m’offre un cadeau ! Je prends le paquet et cette fois, c’est délicatement que je retire le papier cadeau argenté. Je me demande ce que je vais trouver dans cette toute petite boite qui est longue et fine. Mais, c’est un coffret ! Un peu comme ceux dans lesquels on met des bijoux ! Curieux, je soulève le couvercle et mes lèvres s’entrouvrent. Une chaine de poignet en argent, fine et accrochée au milieu, une breloque en forme de pomme d’amour. Je sens mes joues s’empourprer et je pique un fard en baissant la tête.

« Wouah... Merci Elijah, il est beau... Bredouillé-je.
-Il est chouette hein ? Et puis comme ça, on pourra rajouter des petits machins à tes prochains anniversaires ! T’vois, c’cool hein ? Les bracelets comme ça sont trop cool !» Dit Elijah, surexcité comme à son habitude.

Maman sert les parts de gâteaux et m’aide à attacher le bracelet autour de mon poignet gauche. Je sais déjà que je ne le quitterai jamais. Oh non jamais ! Il est tellement beau... C’est l’un des plus beaux cadeaux que j’ai jamais eu. Je regarde tour à tour mes meilleurs amis. Andrew a la bouche pleine de gâteau et le contour de ses lèvres est recouvert du glaçage rose. Daisy se moque de lui en lui tendant une serviette en papier, décrétant qu’il mange comme un cochon. Elijah, lui, mange son gâteau en gigotant sur sa chaise et en riant à la moquerie de Daisy.

« Eh ! On va jouer ? Propose soudainement Elijah.
-Ouiiiiii ! » Répondons-nous en choeur, Daisy, Andrew et moi.

Sans plus attendre, nous bondissons de nos chaises pour courir dans le couloir et dans les escaliers qui mènent à ma chambre. Nous nous jetons sous mon lit, glissant à plat ventre pour nous cacher. Des rires, des cris, des objets qui tombent, c’est de ça qu’est fait mon quotidien; d’aventures extraordinaires avec mes quatre meilleurs amis, de monstres à chasser et d’univers à sauver. Une imagination débordante, transformant une boite en plus grand vaisseau spatial ayant jamais existé. Avec ça, qui aurait envie de grandir ? Pas moi en tout cas...


3 novembre 2001

« Ivy ! Daisy ! Ici ! »

Tout au fond du bus scolaire, Elijah nous fait de grands signes, agitant ses bras en l’air au cas ou nous ne le verrions pas. D’un côté, le bus n’est pas si grand que ça et vu comment il gigote, il serait impossible de le louper. Un grand sourire étire mes lèvres et j’attrape la main de ma meilleure amie avant de foncer au fond du véhicule pour venir m’affaler sur le siège à côté d’Elijah. Andrew, lui, assis juste dans l’autre rangée, a le nez plongé dans l’un de ses romans. Tiens, « Vingt Mille Lieues sous les Mers », il ne l’a pas déjà lu celui-là ? Daisy se laisse tomber à côté du blondinet en soupirant puis lui retire son bouquin ce qui a pour effet de faire râler Andy.

« Allez, la chieuse est de retour ! Raloche Andrew en récupérant son livre.
-Rooooh ça vaaa ! Bon on fait quoi ce weekend ? Vous venez chez moi ?
-Oui ! Et on mangera des popcorn devant un film. J’adore les popcorns, c’est trop bon ! Puis Ivy pourrait faire un gâteau, pas vrai ? »

J’hoche de la tête en souriant alors que mes amis continuent de planifier notre weekend. Nous ne passons jamais un weekend sans être ensemble tous les quatre. Ca a parfois tendance à agacer nos parents, qui aimeraient pouvoir être un peu au calme, mais que voulez-vous, nous sommes inséparables. Dans le bus, nous nous racontons nos journées, échangeons des bonbons ou des gâteaux en riant. Je tourne la tête vers la fenêtre pour regarder à travers la vitre, ma main droite venant effleurer mon bracelet. Celui qu’Elijah m’a offert pour mes huit ans, avec le breloque pomme d’amour, deux nouvelles sont venues agrémenter le bracelet : une étoile et un chat. Je ne le quitte jamais, pas même pour dormir et qu’importe si j’ai des traces sur la joue le lendemain matin !

« Eh Ivy, tu rêves ? »

La voix d’Andrew me ramène sur terre et je regarde mes trois amis qui sont debout dans le couloir du bus. Oh, déjà notre arrêt ? C’est fou comme le temps passe vite ! Je mets mon sac sur mon dos et me lève pour suivre mes amis hors du bus. Frissonnante, je glisse mes mains dans les poches de la veste de mon uniforme en rentrant ma tête dans mes épaules. Nous avons toute la rue à remonter, pas un long trajet mais comme à notre habitude, nous trainassons, ramassant de la neige sur les pelouses de nos voisins pour se la lancer.

« Vous avez vu ? Nous questionne Daisy en montrant un peu plus loin des gyrophares.
-Mais, ça vient de chez nous ! » S’exclame alors Elijah.

Ni une, ni deux, nous partons comme des fusées. Nous courrons comme des fous dans la rue, la remontant à une vitesse record. Impossible de savoir quelle maison exactement est concernée mais nous ne tardons pas à le découvrir. La voiture de police est arrêtée devant ma maison. Le souffle court, je m’arrête devant le véhicule, soudainement bloquée.  C’est Andrew qui, posant une main sur mon épaule, me fait débloquer. Nous entrons dans la maison et, assises sur le canapé, ma mère est penchée en avant, son visage caché dans ses mains, sanglotante. Mme Powell, la mère de Daisy, se lève et s’approche de moi.

« Oh Ivy ! » Me dit-elle sur un ton désolé. « Ton père a eu un accident de voiture... Je suis tellement désolée...
-Qu... Comment ça, désolée ? Où est-il ? Comment va-t-il ? Je veux aller le voir !
-Ivy... Ton père est mort... »

6 novembre 2001

« Tu es né poussière, tu retourneras poussière... »

Mon regard reste résolument posé sur la pierre tombale de marbre gris devant moi. Elle est neuve, brille sous le faible soleil du mois de novembre et les lettres gravés sont étincelantes et l’on peut clairement y lire : « Jack Samuels, 8 mai 1956 - 8 novembre 2001. Epoux et père dévoué. » Je suis incapable de regarder ailleurs, incapable d’écouter le sermon du pasteur, incapable de faire attention à cette main réconfortante sur mon épaule. Ce n’est que lorsque que j’entends un bruit mécanique, un vrombrissement que je détourne mon regard. Il se pose alors sur le cercueil en bois d’acajou. Une boîte... Voilà où il va reposer maintenant... Entre six planches, sous une épaisse couche de terre. Terre qui commence à tomber sur le cercueil dans un bruit qui me semble assourdissant. Je baisse la tête, serrant avec force contre moi le livre de recette de papa. Mes yeux me piquent, l’envie de pleurer me démange mais je n’ai pas envie de craquer, pas devant tous ces gens. Ma mère, elle, pleure comme une fontaine, se fichant complètement des regards. Peut-être devrais-je faire comme elle, mais je n’y arriverai pas. J’ai peut-être onze ans, mais je sais faire preuve d’une très grande pudeur. Voilà encore une chose que mon père m’aura légué...

« Ton père était quelqu'un de merveilleux ! Si seulement... La voix de ma mère se brise et elle ne finit pas sa phrase.
-Oui, c’était quelqu’un de bien. » Murmuré-je.

Autour de nous, notre famille, nos amis, ceux de papa, certains de ses clients. Il y a beaucoup de monde, c’était un homme apprécié, aimé par son entourage... Je rentre ma tête dans mes épaules avant de me reculer, ne pouvant plus supporter de voir le spectacle qui s’offre à mes yeux. Je me glisse entre les gens, discrètement, ils sont tous entrain de se recueillir et ils ne font pas vraiment attention à moi. Je marche jusqu’à un banc enneigé sur lequel je m’assieds, la tête baissée, je me laisse enfin aller à pleurer. Je sursaute en sentant un bras chaud se poser sur mes épaules, je relève la tête pour croiser le regard d’Elijah. Je ne cherche pas à retenir mes larmes, je laisse mon meilleur ami me serrer dans ses bras. Nous sommes rapidement rejoints par Andrew et Daisy. Tous les quatre, serrés sur ce petit banc, nous nous rendons compte que la vie n’est pas celle que nous imaginions lors de nos jeux. Il est temps de grandir mais c’est ensemble que nous le ferons. Le deuil sera difficile, mais je sais qu’auprès d’eux je ne peux que m’en sortir.



2006
Je frappe à la porte et n’attends pas que l’on vienne m’ouvrir pour entrer. Je referme derrière moi, défais mon écharpe et ouvre mon manteau alors qu’apparaît sur le pas de la porte de la cuisine Mme Powell, très seyante dans son tablier à cerises.

« Oh bonjour Ivy ! Tu vas bien ?
-Très bien et toi ? Dis-je en retirant mon manteau que j’accroche au porte-manteaux.
-Bien, merci. Oh je voulais te demander, tu sais si ta mère a fixé une date pour le mariage ?
-Pas encore ! Elle te préviendra de toute façon !
-Oui, que je puisse lui faire bénéficier de prix sur les gâteaux de mariage ! Oh, Daisy est dans sa chambre, elle est entrain de retourner sa penderie !
-Je cours l’aider. » Dis-je en riant avant de monter les escaliers quatre à quatre.

Je ne frappe même pas, j’ouvre et entre dans la chambre de ma meilleure amie. C’est pire qu’un champ de bataille là-dedans ! Les portes de la penderie grandes ouvertes, tous les vêtements sont étalés sur le lit et les chaussures sur le sol. Vêtue de son magnifique peignoir de bain à lapins, les cheveux enrubannés dans une serviette, Daisy regarde son bordel à moitié paniquée. Elle se tourne vers moi et son regard s’éclair.

« Ivy ! enfin tu es là ! J’ai tellement besoin de toi !
-Tu peux mourir, je ne range pas ton bordel. Dis-je en me laissant tomber sur le pouf à côté du lit.
-C’est une catastrophe, je ne sais pas quoi me mettre. J’ai tout retourné mais je n’y arrive pas !
-Zen Daisy, ce n’est qu’une sortie au ciné hein ! Puis tu connais Andrew, il n’est pas très regardant. Tu pourrais y aller en clown qu’il ne le remarquerait même pas. »

Ma meilleure amie soupire puis vient s’asseoir sur son lit, oui oui, sur ses vêtements. Elle s’allonge sur le dos pour regarder son plafond.

« On aurait dû aller faire du shopping...
-Mais non, on va trouver quelque chose à te mettre. Puis je t’aiderai avec tes cheveux si tu veux.
-Arf, tu es la meilleure Ivy Samuels ! »

Je me lève du pouf -difficilement, une saloperie ces trucs en billes- puis attrape la main que me tend Daisy pour l’aider à se relever. Côte à côte, les bras croisés contre nos poitrines, nous regardons intensément les vêtements de Daisy. J’attrape une jupe en daim chocolat, le lui met sur les bras et me mets à la recherche d’un haut qui irait bien. Une fois les vêtements sélectionnés, Daisy récupère son sèche-cheveux et s’assieds sur son lit pour que je puisse sécher et coiffer sa magnifique chevelure rousse.

« Ce que tes cheveux sont beaux, Day’...
-Dis Ivy, ça fait comment, d’être adoptée ? » Me demande mon amie en se tournant pour me regarder.

Mes lèvres s’entrouvrent légèrement, c’est bien la première fois qu’elle me pose cette question là... Je fronce les sourcils puis attrape la tête de Daisy pour qu’elle se remette comme il faut.

« Ben... Je vois pas ce que tu veux, dire, je ne ressens rien de différent des autres. Pas que je sache.
-Non mais, tu te demandes pas, des fois, qui sont tes parents biologiques ? Si t’as des frères et des soeurs ? »

J’hausse des épaules, fais glisser le peigne dans les cheveux roux de Daisy.

« Ca m’arrive. Mais je suis heureuse de ma vie, j’aime ma mère et j’adore mon beau-père. Et puis, les liens du sang ne sont pas ce qu’il y a de plus important. Puis pourquoi irais-je me préoccuper de mes parents biologiques ? Ils ont bien décidé de m’abandonner alors je ne vois pas pourquoi je leur porterais un intérêt.
-C’est pas faux... Bon sinon, tu vas faire quoi ce soir ?
-Eh bien puisque le petit couple sort au ciné, je vais chez Elijah, on va regarder Doctor Who.
-Me spoilez pas ! Sinon je vous jure que je vous étripe ! S’exclame Daisy.
-Ehhh ! C’est Elijah qui spoile ! Il parle trop aussi, un vrai moulin à paroles.
-Tu lui diras que s’il ose me dire ce qu’il se passe dans les deux nouveaux épisodes, je lui fais bouffer son ordinateur ! Bon et quand est-ce que vous vous déciderez à sortir ensemble ? On pourra faire des sorties de couple ! »

Je baisse la tête en piquant un fard. Je me mets à bredouiller des choses incompréhensibles. J’entends clairement Daisy rire mais je n’ose pas relever la tête, je préfère me concentrer sur ses cheveux que je termine de coiffer.

« Daisy chérie ! Andrew est là ! »

Ma meilleure amie saute sur ses pieds, manquant de se ramasser. Je ris, la suis dans les escaliers qu’elle dévale. En bas, les mains dans les poches de son jean, Andrew attend patiemment Daisy.

« Salut les filles !
-Hey Andy ! Passez une bonne soirée, à d’main les gars ! Au revoir Carol ! »

Un clin d’oeil à ma meilleure amie et je quitte la maison des Powell pour retourner dans la mienne. Ma mère est dans le salon avec mon beau-père, tous deux sont affairés à parler de leur mariage prochain. Cela fait deux ans qu’ils sont ensemble et je suis heureuse pour ma mère, elle n’avait pas à rester seule après la mort de papa; elle ne le méritait pas. Au début, elle avait peur que je lui en veuille de refaire sa vie et a mis un moment pour me présenter Patrick.

« Je passe en coup de vent, je vais passer la soirée chez Elijah !
-D’accord, tu passeras le bonjour à ses parents !
-Mmmh mmmh. »

Je monte dans ma chambre récupérer mes affaires puis file chez les voisins. Je tambourine à la porte et entre en braillant :

« Eliiiiii ! Laisse ton ordinateur le geek ! »

Je balance mon sac sur le sol, accroche ma veste et mon écharpe avant de me lancer à la recherche de mon meilleur ami. Il est bien sûr sur son ordinateur, mais ne tarde pas à bondir de sa chaise en me voyant.

« Hola hola ! Alors, prête à passer une soirée de folie avec moi ? Quelle idée d’aller au cinéma alors qu’il y a  Doctor Who à la télé ce soir ! Je ne les comprendrai jamais ! En plus on va manger du popcorn, c’est tellement bon le popcorn. Bon bon bon, j’ai révisé mes maths, tu as révisé les tiens ? Tu devrais, tu es une catastrophe ! »

Bla bla bla bla. Ca, c’est tout Elijah : parler parler et encore parler. Je n’ai jamais rencontré un garçon aussi bavard de toute ma vie, parfois il parle un peu à tort et à travers. En fait, il arrive même qu’il parle sans s’en rendre compte et finit par comprendre ce qu’il vient de dire. Un conseil, ne jamais parler d’un série dont vous n’avez pas vu les nouveaux épisodes, car vous pouvez être sûrs qu’Elijah va vous spoiler, Daisy en a une sainte horreur, comme Andy. A chaque fois ils poussent une gueulante, ce qui fait plus rire Elijah qu’autre chose !

« Tes parents ne sont pas là ?
-Non. Bon on se prépare ce popcorn ? Allez, j’ai faim ! Tu le fais, tu le fais si bien ! Moi la dernière fois j’ai cru que la maison aller exploser ! Bam bam bam !
-Oui oui oui, du calme, je fais le popcorn ! »

Le popcorn prêt et dans un grand saladier, nous allons nous installer sur le canapé du salon. Avachis dans les coussins moelleux, saladier sur les genoux d’Elijah qui allume la télé, la soirée démarre bien. Habituellement, nous regardons cette série à quatre; Andrew, Daisy, Elijah et moi. Ca me fait presque bizarre de me retrouver toute seule avec Elijah. Qui d’ailleurs, secoue le saladier de popcorn sous mon nez pour que j’en mange. Je plonge ma main dedans puis.... Enfourne les sucreries dans la bouche d’Elijah.

« FDgdlfgjhjksghjkshdgkjhmmmpff !
-Pfouhahahaha, tu ne t’y attendais pas à celle-là hein ? »

Elijah attrape le coussin à côté de lui et comme réplique, me le balance à la figure ! Ouuh quelle violence ! Je lève les yeux au ciel en riant, tandis que mon meilleur ami tapote ma tête avec sa main pour m’intimer de me taire. Ah oui, pardon, nous sommes censés suivre l’épisode à la télévision. Mais à vrai dire, j’ai du mal à me concentrer, tout simplement parce que mes paupières sont incroyablement lourdes. La journée a été longue... Très longue... Sans que je m’en rende compte, ma tête glisse doucement sur le côté, venant se poser contre l’épaule d’Elijah, complètement plongé dans son épisode. Je finis par m’endormir sur le canapé et je ne sens absolument pas mon meilleur ami, plus tard, me secouer doucement en murmurant mon prénom. Tout comme je ne le sens pas se lever, m’allonger délicatement sur le canapé et me couvrir d’une couverture. Pas même le baiser sur mon front qu’il dépose avec douceur. Lorsque je me réveille le lendemain matin, Elijah est déjà debout, entrain d’essayer de cuisiner; une catastrophe. Mais il est ainsi, plein de vie, toujours de bonne humeur. Par contre, pour la cuisine, ce n’est pas ça !


Été 2009

Tous les quatre assis autour de la table chez Daisy, nous buvons notre thé glacé en bavardant. L’été est enfin là et nous sommes tous les quatre rentrés chez nos parents pour les vacances. Le lycée est derrière nous, et nous sommes tous les quatre étudiants à Oxford. Certaines choses ont changé, ma mère s’est mariée avec Patrick et j’ai maintenant une demi soeur. Les parents de Daisy ont divorcé et il n’y a plus que sa mère qui vit maintenant à Wetfield Road. Pour ce qui est du couple Andrew/Daisy, ils ont rompu après un an de relation... Un gâchis si vous voulez mon avis. Mais au moins cela n’a en rien gâché notre amitié à tous les quatre.

« Alors Day’, c’est quoi cette nouvelle dont tu voulais nous parler ? Demande Elijah en sirotant son thé.
-Oui alors, comme vous le savez, la tante de mon père habite aux Etats-Unis, à Boston. Ben, elle est morte y’a quelques semaines.
-Oh merde ! On est désolé Daisy. Dis-je, avec un ton se voulant réconfortant.
-Oula, ne vous en faites pas, j’ai dû la voir trois fois dans ma vie. Bref, si je vous parle de ça, c’est parce qu’elle avait une maison. Elle n’avait pas d’enfants, n’était pas mariée et... Elle m’a légué la dite baraque.
-Wouah, bordel ! Trop classe ! S’exclame Andy. Tu vas en faire quoi ? Ca peut être sympa pour les vacances ! »

Daisy secoue la tête et fouille dans son sac pour en sortir trois clefs. Trois clefs identiques, seul diffèrent les porte-clefs : un cupcake, un sabre laser et une souris d’ordinateur. Andrew, Elijah et moi nous nous regardons, perplexes, avant de poser notre regard sur Daisy qui reprend son explication.

« Ces trois clefs, elles sont pour vous. Écoutez, moi j’ai pas envie de rester en Angleterre. J’ai envie de bouger, et rien ne me rattache ici. Mes parents se font toujours la guerre, essayant de m’avoir de leur côté. Puis franchement, les études, c’est pas un problème de changer d’université. Alors voilà... Je vous propose de partir tous ensemble à Boston. »

La mâchoire m’en tombe. Comme celle d’Elijah et Andrew. Je ne sais pas quoi répondre... Je ne m’attendais pas à ce que Daisy nous propose ça. Après tout, partir comme ça, sur un coup de tête... Quitter nos familles, notre pays, pour tout recommencer...

« Alors là, ça c’est trop génial. Grandiose ! Fantastique ! Moi je suis pour ! S’exclame Elijah en prenant la clef avec le porte-clef souris d’ordinateur.
-Moi aussi ! » Dis-je en prenant la mienne.

Nous nous tournons tous vers Andrew qui semble hésiter. Son regard se pose sur chacun de nos visages et s’arrête plus longtemps sur celui de Daisy. Il finit par tendre son bras et attraper la clef.

« Boston, nous voilà ! »

Le ton est donné.

2012

« Dling dliiing »

La porte du magasin se referme, je remonte la petite allée bordée d’étagères pleines de DVD extrêmement bien classés. Assis derrière la caisse, Andrew est plongé dans une bande dessiné. Je dépose sur le comptoir un des gobelets Starbucks que je transporte dans les mains.

« Et voilà monsieur ! Un caffè mocha et un muffin à la vanille pour vous !
-Pas trop tôt, je commençais à avoir faim !
-Je t’emmerde, Andy ! » Dis-je sur un ton enjoué, passant derrière le comptoir pour m’asseoir à côté de lui. « Alors, du monde ou pas ?
-Nop, pas trop. Du coup j’ai bouquiné et j’ai sélectionné des films à regarder cette semaine.
-Vas-y, montre-moi ! »

Reposant son muffin à moitié dévoré, Andrew chope son sac à ses pieds pour sortir les DVD qu’il dépose devant moi. Depuis toujours, Andy est un véritable cinéphile. Pas étonnant qu’il étudie le cinéma et qu’il travaille dans un vidéoclub.

« Ca fait beaucoup de films d’horreurs quand même ! Tu sais bien que je n’aime pas trop ça.
-Non mais, ils sont à voir, ce sont de grands classiques ! Dawn of the Dead de Romero, vous devez à tout prix le voir !
-Mais pourquoi des films d’horreur ? Halloween est pourtant passé ! T’aurais pas des films mignons plutôt ? Dis-je, en buvant une gorgée de mon café.
-Nan, ça va t’endurcir un peu ! »

Nous rions tous les deux et buvons notre café en regardant les autres DVD qu’Andrew a sélectionné. Voilà une habitude que nous avons prise depuis que nous avons déménagé à Boston, tous les soirs un nouveau film. Enfin, nous essayons de faire tous les soirs car ce n’est pas toujours évident.

« Comment cha avanche ton nouvel article ? Me demande Andrew en engouffrant son dernier morceau de muffin.
-Cha va. J’avale mon bout de muffin au chocolat avant de poursuivre. Je pense que je l’aurai terminé ce soir ! Je dois travailler une nouvelle recette demain, on verra ce que ça donne !
-Gouteur toujours prêt ! »

Andrew esquisse un grand sourire avant de rire. Il s’intéresse toujours à ce que je fais, à mon blog et se porte toujours le premier volontaire pour goûter ce que je fais. En fait, Andrew, c’est un mec en or. C’est tellement con qu’il n’ait pas confiance en lui, parce qu’il est génial. J’adore passer le voir au vidéoclub. Je fais en sorte de passer tous les après midis avec un café et une gourmandise, c’est toujours appréciable !

« Et toi, ton scénario ? Je ne t’ai pas beaucoup vu derrière ta machine à écrire, mon petit Andy !
-Pas l’inspiration... Je sais pas ce que j’ai ces derniers temps, j’ai le syndrome de la page blanche.
-Ca va passer, tu es le meilleur Andy ! »

Un petit sourire gêné étire les lèvres de mon meilleur ami. Les compliments, il a du mal, qu’importe, je dis ce que je pense. J’attrape les gobelets de café vides que je balance à la poubelle. La sonnette du magasin retentit, je quitte le comptoir, récupérant mon sac à bandoulière. Le nouveau venu s’avance entre les allées, fouinant dans les étagères et Andrew le surveille du coin de l’oeil.

« On se voit ce soir Andy, travaille bien vieux !
-A ce soir Ivy ! »

Un dernier petit signe de la main et je quitte le vidéoclub pour rejoindre la maison.



16 février 2013

Je n’ai pas claqué la porte ; j’aurais voulu, l’envie me démangeait mais je n’ai rien fait. J’aurais aussi pu partir marcher, mais finalement, je serais aussi bien dans le jardin, à attendre. Je suis descendue sur la pointe des pieds, même pas pris la peine d’attraper un manteau. Il fait froid et il pleut, mais ça m’est égal. J’ai juste envie de respirer, de penser à autre chose, mais je n’y arrive même pas. J’ai ces maudits mots dans ma tête, ça tourne et… Ca fait mal. Alden avait raison, espérer ne sert à rien, à part se prendre une immense claque dans la figure. Stupide Ivy, naïve Ivy, il faudrait peut-être grandir et passer à autre chose. Demain, oui, demain je passerai à autre chose. En attendant, je préfère rester là, comme une idiote en plein milieu de la pelouse. La pluie ne me dérange pas, elle m’arrange plutôt. Personne ne pourra voir mes larmes. Enfin, de toute façon, je suis seule.

Pas longtemps. J’entends la porte se refermer puis la voix de mon meilleur ami. Je me mords l’intérieur des joues, j’ai envie de lui hurler de rentrer et que je veux qu’il me laisse tranquille. Mais je ne dis rien, je ne bouge même pas. Pourtant il va bien falloir, il va falloir que je me tourne et que je le regarde. Pour quoi faire ? Me prendre une violente claque ? Je ne suis pas certaine d’en avoir le courage. Alors je reste encore quelques secondes sans bouger, puis j’essuie mes yeux et me tourne pour le regarder, sans dire un mot. Je ne sais pas quoi dire. Je n’essaie même pas de sourire, plus l’envie. Plus la force.

« J’avais envie d’être seule. Tu ne comprends pas ça ? Que veux-tu Elijah ? Tu ne penses pas en avoir assez fait pour ce soir ? » Je lui demande, fuyant au maximum son regard de peur d’éclater en sanglots. Ou de partir en courant. Les deux.

Mes yeux fixent résolument le sol, je me mords l’intérieur des joues, jusqu’au sang, avec l’espoir de me détourner de cette douleur sourde que j’aurais voulu ne jamais ressentir. C’est finalement tellement mieux, que de rester dans le doute et l’incertitude, ça fait moins mal. Beaucoup moins mal. Finalement, je finis par lever la tête, la gorge nouée et les yeux embués de larmes. Je me refuse de les laisser couler. Pas maintenant. Pas tant qu’il sera là.

« C'est parce que je veux pas coucher avec toi ?
-Quoi ? Mais… » Je fais un pas en arrière en secouant la tête. « Non ! Oui, peut-être, JE SAIS PAS ! Je ne SAIS PAS quoi penser, quoi faire. Ca fait des années que c’est n’importe quoi ; N’IMPORTE QUOI ! Ce n’est pas clair entre nous. Ca ne l’a JAMAIS été. Jamais. Et plus ça va, pire c’est. MAIS DIS-MOI CE QUE JE DOIS FAIRE BON SANG ! »

Je me retourne brusquement, ne pouvant plus empêcher ces maudites larmes de dégouliner le long de mes joues. On me disait d’être honnête, je le suis. Ca fera mal, mais au moins, ce sera terminé et clair.

Tu me laisses espérer et c’est encore ça le pire. » Je lui fais de nouveau face, tremblante de la tête aux pies. « Pour une fois, dis moi clairement et droit dans les yeux que tout ceci n’est qu’un malentendu. Que cette situation n’a pas lieu d’être ; que… Tu ne ressens rien et qu’on puisse passer à autre chose. Brise-moi le coeur une bonne fois pour toute. »

Et là, pendant quelques secondes ; j’y crois. J’y crois vraiment, de tout mon coeur, chaque fibre de mon corps espère. J’espère car il bouge, ne reste pas planté comme un idiot. Ou plutôt, pas longtemps. Mon regard suit le mouvement du parapluie qui tombe au sol. Mon estomac se noue, il se rapproche, ses bras s’ouvrent et je sens la chaleur de son corps tout contre le mien. J’ai froid, j’ai chaud, mon coeur bat à une vitesse folle. A croire qu’il a envie de s’échapper. Un long frisson ébranle tout mon corps et puis… Une déchirure. Une violente et profonde déchirure. L’on m’aurait poignardé la poitrine que la douleur aurait été moindre. Je pose mes mains à plat sur le torse d’Elijah et le repousse, sèchement avant de le regarder, les lèvres entrouvertes. C’est un torrent de larmes qui coule maintenant sur mes joues et un petit sanglot s’échappe bien malgré moi de ma bouche.

« Dé… Désolé ? » Je balbutie. « Tu es désolé ? Tu… Je… »

Je baisse les yeux quelques secondes, incapable de terminer ma phrase. Je serre les poings, jusqu’à sentir une vive douleur dans mon poignet gauche, encore sous attelle. Et puis il part tout seul, ce coup. De ma main droite, je frappe Elijah une fois. Puis deux. Puis trois.

« Je te déteste ! Laisse-moi ! Laisse-moi tranquille ! JE TE DÉTESTE ! » Je finis par hurler, n’en ayant rien à faire des voisins ou encore de Daisy et Andrew.

Est-ce que je le déteste vraiment ? Oui. Non. Pas sûre. Est-ce que j’ai le coeur brisé ? C’est une évidence et je n’ai qu’une envie : fuir. Loin, très loin. Je le fais, je contourne Elijah, rentre dans la maison et sors par la porte d’entrée pour me mettre à courir aussi vite que possible. Loin, le plus loin possible et aussi vite aussi. Sauf que je trébuche, me rétame sur le sol, dans une flaque d’eau. Je me redresse mais reste à genoux, la tête basse, je laisse les sanglots me submerger. Je maudis Alden, je maudis Elijah mais je me maudis surtout. Ma main gauche se pose sur mon poignet droit, empoigne ce fameux bracelet, offert bien des années plus tôt et qui ne me quitte jamais. Je vais l’arracher, le jeter loin mais je ne fais rien. Mon bras glisse et reprends sa place le long de mon corps. A quoi bon.

Je devrais rentrer. Ne pas rester là, à genoux comme une idiote dans cette flaque. Mais je n’ai pas la force. Ni mentale, ni même physique. Mes jambes ne veulent pas m’obéir et mon pauvre coeur, lui, me hurle de rester là. Ou encore de partir plus loin. Rentrer en Angleterre, un certain temps. Servir à Andrew et Daisy une excuse, maman est malade il faut que je rentre la voir. Tout ça pour ne pas à avoir à faire semblant, à devoir feindre que tout va bien, qu’il ne s’est jamais rien passé et devoir partager la même maison qu’Elijah. Me retrouver dans la même pièce sans me mettre à pleurer, sourire, comme toujours. Ca, tout ça, je ne sais pas si j’en serais capable. J’ai peut-être réussi à faire le deuil de mon père, mais c’est uniquement parce que mes meilleurs amis étaient, parce qu’il était là. Je ne me sens pas le courage d’affronter ça. Pas maintenant. Qu’on me laisse juste un peu de temps, serait-ce trop demandé ? J’en ai bien peur. J’entends ses pas, je suis de dos mais je sais que c’est lui. Je le reconnais, je le reconnaitrais d’entre mille. Je ne parle pas, ne bouge pas. Le silence est là, pesant. Que faire ? Me relever et partir ? Me tourner vers lui et affronter son regard ? Un peu de courage Ivy, juste une fois, juste une dernière fois.

Alors je prends une grande inspiration, je serre des poings et me retourne pour le regarder. C’est trop dur, trop douloureux de le voir devant moi. Je vais lui dire de partir, par pitié, de me laisser toute seule. J’ouvre les lèvres mais il me coupe. « Ivy je suis désolé. Ivy je t’aime. » Désolé, il l’a déjà d… Quoi ? Pendant quelques secondes, je ne respire plus. Un flot de parole discontinue s’échappe de ses lèvres. Je ne suis pas sûre de tout comprendre, la seule chose qui reste dans ma tête c’est « Ivy je t’aime. ». Je secoue ma tête, essaie de faire le trie dans mes pensées. Elles se bousculent, et ces maudites larmes qui se sont remises à couler. Je ne sais pas quoi faire. Ou plutôt si, je le sais. Pour la première fois depuis longtemps, tellement longtemps, je sais quoi faire. Je me relève, m’approche de lui. Sa tête est baissée, il ne me regarde pas, ce n’est peut-être pas plus mal.

« Je ne suis pas Daisy. Et tu n’es pas Andrew. Tu es Elijah, avec tes défauts et tes qualités ; et c’est toi, que je veux. Tu souhaitais savoir ce que je désirais, maintenant tu le sais. Toi. Et je t’aime, aussi. Et maintenant, tu sais ce que je vais faire ? »

Je ne lui laisse pas le temps de répondre ; ma main gauche empoigne son t-shirt et la droite vient se poser contre sa nuque, le forçant à s’abaisser tandis que je me hisse sur la pointe de mes pieds. Et mes lèvres se posent sur les siennes. Mon corps se presse contre le sien, il est trempé, il continue de pleuvoir mais je m’en fiche. Vous savez quoi, il pourrait bien y avoir un ouragan que rien n’y changerait. Parce que pour la première fois depuis si longtemps, je suis enfin et réellement heureuse.



Jeudi 3 septembre 2013

Ca va bien faire une heure que je regarde mes pieds, assise sur le bord de mon lit. Mes jambes sont secouées par des soubresauts nerveux et je tiens entre mes mains les résultats de ma prise de sang de la veille ainsi que mon test de grossesse datant de mercredi. Je n’ai pas réussi à me résigner, hier, à annoncer la grande (?) nouvelle à Elijah. Je devais déjà réussir à la digérer, à l’assimiler complètement et vous savez quoi ? C’est encore pire. J’ai prétendu être très mal pour ne pas avoir à quitter ma chambre de toute la soirée d’hier et de la journée et ce qu’il y a de bien, c’est que je suis tellement pâle que c’est passé crème. Je suis restée enfermer dans ma chambre, cachée sous ma couette et faisant mine de profondément dormir lorsque quelqu’un venait vérifier mon état. Ni Daisy, ni Violet n’ont essayé de remettre ce qui me tracasse sur le tapis ; elles ont dû comprendre par elles-même que j’avais besoin d’être seule. Ma cousine est juste venue m’embêter quelques minutes pour me dire qu’elle allait chez Elian. Ah oui, Elian, j’avais presque oublié que lui aussi était au courant… Ne croyez pas que je l’ai mis de mon plein gré au courant, oh non non. Il a fallu que ce soit lui, qui se charge de ma prise de sang et même si au final il s’est étonnamment montré mature et n’a pas cherché à me faire de blagues/remarques douteuses, j’aurais préféré qu’il n’en sache rien. Il y a quand même un petit point positif, grâce à mon cousin, je n’ai pas eu à attendre plus de deux heures pour avoir les résultats de mes analyses sanguines. Positives, bien sûr. Je pousse un soupir, passe une main dans mes cheveux et me remets à me ronger les ongles. Je descends ou pas ? Je laisse passer la nuit ? J’attends encore une journée ? J’en aurais presque envie, tiens… Seulement je sais que repousser l’inévitable est une très mauvaise idée. Je me rends compte que j’aurais peut-être dû en parler à Eli avant même Daisy ; je voulais juste être sûre à 100% plutôt que de nous faire paniquer pour rien.

Une grande expiration, je pose test et papiers sur mon lit avant de me lever. Bien, c’est déjà un bon début, j’ai levé mes fesses du matelas ! Maintenant, va falloir descendre les escaliers, frapper à la porte et parler. Je peux le faire, pas vrai ? Avec la boule au ventre, je rejoins l’étage inférieur et me poste devant la porte d’Eli sauf que… Bah je ne frappe pas. Je reste là, comme une idiote, à regarder le bois peint pendant peut-être deux bonnes minutes. Allez Ivy, BOUGE MA FILLE ! Je toque doucement à la porte puis l’ouvre pour m’engouffrer dans la chambre de mon petit-ami. Il fait sombre et seul l’écran de l’ordinateur d’Eli éclaire la pièce. Ah bah voilà, je lui dis, je pars en courant et lui il se prendra les pieds dans son bordel en voulant me rattraper ce qui me laissera le temps de fuir au Mexique ou je sais pas où. Le Mexique c’est pas mal, ils portent des sombreros…. Non, mauvaise idée. A la place, je me permets d’allumer la lumière pour mieux y voir et je suis presque désolée de l’interrompre dans son activité mais l’heure est grave là. Ca doit visiblement se lire sur mon visage vu l’air à la fois suspicieux et soucieux qu’affiche Elijah.

« Ca va ? Je demande, en essayant d’avoir une attitude normale. Il… Il faudrait que je te parle. »

Je m’approche de son lit, m’assieds sur le bord mais je ne parviens pas à rester plus de deux secondes immobiles. Du coup, je me mets à marcher dans sa chambre, cherchant le moyen le plus intelligent et moins traumatisant de lui annoncer la nouvelle. … Pas sûre qu’il en existe un. Je finis par m’arrêter de tourner en rond, et si je faisais comme lorsqu’on veut enlever un pansement ? On arrache d’un coup sec pour ne pas avoir mal.

« Je suis enceinte. »

Bah voilà. Finalement, c’était pas si terrible que ça… Ha. Ha. Ha. Oh bah oui, si on enlève cette angoisse qui n’en finit pas de me nouer le ventre, puis aussi les jambes en coton, c’est pas du tout terrible. Blague.

Le restant de la conversation est houleux ; nos avis diffèrent complètement. J'ai décidé que j'avorterai et peu importe ce que dira mon petit-ami, j'avorterai. Point final. Ca se termine avec un grand froid, Eli disparaît et je reste seule, dans sa chambre, à me demander ce que je suis en train de faire.




5 septembre 2013

« Mademoiselle Samuels ? Si vous voulez bien me suivre. »

Je lève les yeux pour regarder l’infirmière qui me sourit aimablement ; dois-je vraiment la suivre ? Je tourne la tête vers Robyn qui tient toujours ma main dans la sienne, elle dépose un baiser sur mon front pour me donner du courage mais sans pour autant me pousser à partir. Non, j’ai pris ma décision, ça suffit les hésitations ! Je quitte ma chaise, récupère mon sac sur le sol puis jette un dernier regard à ma tante. J’ai promis de lui téléphoner une fois que ce serait terminé et aussi, que je serais à peu près réveillée. Un signe de la tête, je suis l’infirmière dans les couloirs blancs et aseptisés de l’hôpital jusqu’à une chambre dans laquelle elle me fait entrer. Je regarde brièvement autour de moi, l’infirmière me donne une blouse bleue, et toujours en souriant commence à m’expliquer qu’on viendra rapidement me chercher et qu’en attendant, je dois me changer. D’accord. Okay. Et je suis seule. Je m’assieds sur le bord du lit, laisse tomber mon sac par terre et pousse un long soupir. Honnêtement, je n’ai pas vraiment compris comment tout cela allait se passer, ce dont je me souviens c’est que je ne serai autorisée à sortir que demain matin. Mon regard est posé sur la blouse d’hôpital à côté de moi, bon… Je retire mes vêtements, les plie soigneusement -Daisy aurait été fière- puis enfile la blouse avant de retourner m’asseoir sur le bord du lit et j’attends. Je me ronge les ongles (enfin bon, ce qui peut vraiment en rester car mes doigts sont à vifs) et mes jambes s’agitent dans un tic nerveux. Je me repasse la petite heure passée dans la salle d’attente avec Robyn, je me remémore tout ce qu’elle m’a dit. Si j’ai choisi d’aller à l’hôpital avec elle plutôt que Daisy, c’est parce que je savais qu’elle était déjà passée par là, qu’elle connaissait tout ça et elle était la plus à même de m’accompagner à la place d’Elijah. Alors pendant une heure, on a parlé. Ou plutôt, elle a parlé et je l’ai écoutée. Nos situations sont aux antipodes ; elle contraire d’avorter et moi par choix… Est-ce vraiment un choix, d’ailleurs ? Plus Robyn parlait et plus je me suis demandée si c’était réellement la bonne solution. L’entendre me raconter ses regrets qu’elle traine encore, des années après, qu’elle ne s’en était pas remise et qu’elle ignorait si elle allait un jour s’en remettre complètement… Ca a commencé à me faire peur. Bien sûr que j’ai envisagé les regrets, le contraire aurait été impossible, mais est-ce que cela va me hanter à ce point ? Je ne sais pas, je ne sais plus et j’ai peur. Maintenant j’ai peur de faire quelque chose que je vais regretter l’heure suivante et qui sera, irréversible. Ai-je assez réfléchi ? J’aurais peut-être pu prendre plus de temps, plutôt que de me précipiter. Et finalement, les arguments qui m’ont fait pencher vers cette solution me reviennent et j’essaie de me conforter en me disant que c’est ce qu’il y a de mieux à faire. Je prends ma tête entre mes mains, je me mords les lèvres jusqu’au sang, j’ai l’impression qu’elle va exploser. Je sais plus quoi faire et là, j’aimerais qu’il y ait Eli. Sauf qu’il n’est pas là, il doit être à son entretient d’embauche, à l’heure qu’il est et de toute façon, il ne viendra sûrement pas. J’inspire profondément pour chasser les larmes qui commencent à affluer au bord de mes cils et expire longuement. C’est ce moment-là que choisis l’infirmière pour entrer dans la chambre.

« Ah, vous êtes prête ! On va pouvoir y aller. On vous a expliqué comment ça allait se passer ? »

Je secoue la tête, préférant avoir de nouveau des explications.

« Alors, on va vous anesthésier et… »

Et j’ai décroché. Je caresse distraitement le bracelet d’Elijah, le regard dans le vide.

« Bla bla bla bracelet. 
-Pardon ? Je demande en relevant la tête.
-Il faut enlever votre bracelet. Me répète l’infirmière.
-Mon bracel… Non. »

Non. Non je n’ai pas envie de l’enlever. Ca fait seize ans qu’il est autour de mon poignet et il ne le quittera pas. Jamais. Et en fait, je n’ai pas non plus envie d’avorter.

« Mais, il faut le retirer pour l’intervention.
-Non. J’ai changé d’avis. Je dois partir. »

Et ça, je le dis en retirant la blouse et en enfilant ma robe à la place. L’infirmière me regarde en clignant des yeux, la bouche ouverte, elle ne s’y attendait pas, à celle-là ! Je ramasse mon sac, sors dans le couloir quand elle me rattrape.

« Enfin mademoiselle, vous êtes sûre de vous ? Vous ne pouvez pas vraiment annuler comme ça. »

Elle ne va pas non plus me trainer de force, si ? Par précaution, je pars en courant le plus vite possible dans les couloirs. Je n’ai absolument aucune idée de là où je vais, s’il faut je m’éloigne de la sortie. Je dévale des escaliers sans m’arrête pour reprendre mon souffle, plus vite je serai dehors, mieux ce sera. Ah, l’accueil est juste au fond ! Plus que quelques mètres et ce sera terminé. Mais je m’arrête d’un coup, me fige. Même s’il est de dos, je le reconnais parfaitement. Mes lèvres s’entrouvrent sous la stupeur et il se tourne de mon côté. Je reste figée pendant plusieurs secondes, qu’est-ce qu’il fait là ? Pourquoi est-il venu ? Oh et puis, ça n’a aucune importance, il est là, c’est le principal. J’ai soudainement l’impression d’avoir du coton dans les jambes mais ce n’est pas grave, j’avance jusqu’à lui pour me jeter dans ses bras et éclater en sanglots.

« Pardon pardon pardon… Je parviens à articuler, entre deux sanglots. J’ai… Je… J’ai pas pu… Je peux pas faire ça… Pardonne-moi, pardonne-moi… »

Mes sanglots redoublent d’intensité et je m’accroche à mon petit-ami comme à une bouée de sauvetage. S’il me lâche, je tombe. Littéralement. Mes jambes supportent difficilement mon poids, courir n’était peut-être pas une si bonne idée que ça.

A aucun moment, mon étreinte autour d’Elijah se desserre. En plus de vingt ans, nous ne sommes jamais restés aussi longtemps en froid et sans nous parler. Le grand maximum ça a dû être deux heures. Et encore. Autant dire que quatre jours, c’est véritablement une éternité. Quatre-vingt seize heures, cinq mille sept cents soixante minutes et… Ouai, c’est super long ; plus qu’on pourrait bien l’imaginer. Je garde mon visage caché contre le torse d’Eli, mes larmes mouillant son t-shirt bien que je fasse de mon mieux pour essayer de calmer les sanglots qui n’en finissent pas. Comme si je n’avais pas suffisamment pleuré ces derniers jours. Je ne sais même pas trop pourquoi je pleure, il semblerait que ce soit un mélange de soulagement, d’anxiété et de peurs. Voir même de fatigue, aussi. Quand j’y pense, vu les nuits que j’ai passées c’est très probable. J’inspire profondément, cherchant à faire ce que me demande Elijah, à savoir : me calmer. Oui oui, ce serait une très bonne idée si je pouvais arrêter de pleurer pour que nous puissions avoir une conversation calme et posée. Puis intelligible, aussi. Sauf qu’en fait, au lieu de me calmer, mes sanglots deviennent plus important. Oui oui oui. C’est ce qu’on peut appeler un échec. Quelle idée aussi, de me dire qu’il m’aime ! Enfin non. Mais si, car maintenant je culpabilise parce que tout ça, c’est un peu de ma faute. Non, carrément. Je chasse ces pensées de mon esprit, ce n’est pas avec ça que je vais réussir à apaiser mes pleurs ; loin de là. Alors je prends encore une fois une profonde inspiration puis hoche légèrement de la tête pour approuver. Oui, ne restons pas là en plein milieu de ce hall d’entrée. A la limite, je me fiche éperdument des autres, la salle pourrait être dix fois plus bondée que ça ne me gênerait pas plus. Par contre, j’ai peur qu’à force de rester debout, je finisse par tourner de l’oeil. Rapidement. Donc ouai, bonne idée. Je m’accroche à Eli, soulagée qu’il ne me lâche pas pour autant lorsque nous nous dirigeons vers des chaises libres. J’ai tout juste le temps de m’asseoir que déjà, les bras de mon petit-ami m’entourent et il m’attire contre lui ; je n’émets aucune objection, comme si j’en étais capable, d’ailleurs.

Les paupières fermées, mes sanglots se sont tus et je me contente de pleurer en silence. Je sens Eli qui se recule, là j’ai presque envie de protester mais je n’en ai pas le courage. Je rouvre mes yeux pour croiser le regard d’Elijah ; « Je suis désolé. » Non mais non. Ce n’est pas à lui, d’être désolé, ni même de demander pardon. Je secoue brièvement de la tête sans pour autant dire quelque chose, j’ai peur que si j’ouvre la bouche j’éclate de nouveau en sanglots et je n’en ai pas vraiment envie. Je viens poser mes mains contre les siennes qui sont posées sur mes joues avant de les serrer doucement en esquissant un vague sourire. A sa question, je réponds par un haussement des épaules. Est-ce que je compte lui répondre à haute et intelligible voix un jour ? Oui oui, ne vous en faites pas, je vais y arriver.

« Je… »

Oui Ivy, c’est un début, bravo, tu as ton sujet maintenant ce serait bien d’y ajouter un verbe puis un complètement aussi. Manière de faire une vraie phrase qui ait un sens. Et pas que pour toi, qu’Eli puisse te comprendre. C’est un peu la base de la communication, j’dis ça, j’dis rien.

« Je suis partie avant… Je n’ai rien fait… » Je finis par murmurer en baissant les yeux.

Pendant quelques secondes, je reste là à regarder mes genoux avant de finalement poser mon regard sur Elijah. Je secoue ma tête de gauche à droite en me mordant l’intérieur des joues.

« Je te demande pardon. J’ai été… Je ne sais pas, je trouve même pas de mot ; et je me déteste de t’avoir fait subir ça… »

Ma voix s’étrangle légèrement sur les derniers mots alors que de nouveaux sanglots viennent obstruer ma gorge. Ah non ! Je refuse. Je déglutis, respire profondément et chasse les larmes qui s’agglutinent à mes cils.

« J’étais perdue, et paniquée, et morte de trouille. Sauf qu’en fait, c’est toujours le cas. J’ai même l’impression que c’est encore pire. La seule chose dont je suis sûre c’est que je t’aime. Et que j’ai peur aussi. Cette situation m’effraie au plus haut point et je sais pas comment gérer ça et ugh. »

Le « ugh » c’est un « ugh je me sens pas bien je vais mourir. » Je viens appuyer mon front contre l’épaule d’Elijah, même les yeux fermés, j’ai l’impression d’être sur un tourniquet qui va super vite. Au pire, si je tourne de l’oeil, je suis à l’endroit où on peut aisément trouver une personne pouvant gérer la crise… Faut voir le bon côté des choses ! Je reste comme ça pendant plusieurs secondes, le temps que mon malaise s’apaise puis je relève un peu la tête et ouvre les yeux.

« Je ne pensais pas que c’était aussi effrayant, de devenir adulte. Je dis à mi-voix tout en entrelaçant mes doigts à ceux d’Eli. Parce que c’est ce que ça veut dire, tout ça, pas vrai ? Et… Mais. Tu ne devais pas avoir un entretient d’embauche ? Andrew m’a pourtant dit hier que c’était en même temps que… Tu… Tu n’y es pas allé ? Pourquoi ? »

Oui, c’est vrai ça, pourquoi ? Que fait-il seulement là ? N’était-il pas contre ma décision ? C’est bien le dernier endroit où j’aurais pensé le trouver et pourtant… Je sens mes yeux qui recommencent à me piquer ; il est ici parce qu’il m’aime, c’est tout, et je ne crois pas qu’on puisse avoir mieux que ça comme preuve. Je glisse mes bras autour de lui afin de me blottir entre ses bras.

« Qu’est-ce qu’on va faire, maintenant ? »

Et quand je dis maintenant, je ne parle pas de là de suite, mais de prochainement. Genre, dans un futur plus que proche. Non parce que pour moi, à part flipper et angoisser, je peux dire que c’est très flou. Et aussi le fait qu’on va avoir un bébé. Wow. C’est encore plus flippant maintenant.

« On va rentrer à la maison et faire les petites cuillères. Ce soir je fais à manger et on le dit aux copains. Demain j'appelle les gens et je les supplie pour un autre entretien. Après-demain on le dit aux parents... Ou plus tard, je ne sais pas, parce qu'il nous faut une bonne stratégie pour ne tuer personne. Dans deux ou trois mois on découvrira si c'est une Blood Orange ou un Yolo Buzz. Dans six mois on sera prêt à l'accueillir, dans huit mois il est là. Un jour on se mariera, dès que George nous donne son consentement. Et on finira nos jours vieux, ridés et avec les cheveux blancs parce que je refuse catégoriquement de ne plus avoir de cheveux dans une vieille maison dans la campagne anglaise, et on sera ce genre de grand-parents à faire des blagues un peu perverses aux dîners de famille sous prétexte qu'on peut parce qu'on est vieux.  Mais le plus important : on va être heureux et ça commence maintenant.  »





Dernière édition par Ivy Samuels le Mar 18 Aoû - 2:07, édité 1 fois
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Ivy Samuels
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MessageSujet: Re: Bonjour je m'appelle Ivy !   Mar 18 Aoû - 1:57


Did you say marmalade ?







20 avril 2014, Boston

NON AU SECOURS JE ME NOIE À L’AIIIIIDE ! Il y a de l’eau partout ! Et des requins. Des horribles requins qui vont venir me manger et je vais mourir noyée ET mangée par un animal marin avec des dents pointues et flippantes. Puis je fais quoi dans la mer au juste ? Oh non, y’a un requin qui me fonce dessus, adieu monde cruel !

Je me redresse dans un bond, le souffle court avant de regarder autour de moi complètement paniquée. La mer a disparue, les requins aussi et en fait je suis dans mon lit. Je tends mon bras, regarde l’heure hyper matinale. Tellement matinale qu’Eli est encore en train de dormir à côté de moi. Oui, d’un côté, il n’est que quatre heures du matin. Je pousse un soupir pour ensuite me rallonger et me blottir contre mon cher et tendre endormi. Gniiii, il est tout chaud et il sent bon, puis il est trop mignon quand il dort ! Adorable même. Okay, on ferme les yeux et on dort à trois. Un… Deux… Eumf j’ai maaaaaaal. Mon ventre me fait mal. Ou plutôt la contraction qui me tord le ventre me fait mal. Oh ! Oh ! Je dois compter. Je regarde mon téléphone, pleine d’espoir sauf que… Dix minutes après, pas de nouvelle contraction. Fausse-joie. J’ai bien fait de ne pas réveiller Eli pour ça, il m’en aurait voulu à mort de lui faire subir ça. Déjà qu’il boude depuis son anniversaire parce que Poussinou n’a pas voulu l’écouter et naître avant son vingt-septième anniversaire du coup il fait la gueule. On a tout essayé ! On a promis à Poussinou moult choses ou au contraire, on l’a menacé de l’enfermer dans une tour jusqu’à ses vingt ans. Ca n’a pas vraiment eu l’air de le perturber. Nouveau soupir, séance observation du plafond de la chambre jusqu’à ce que… Le réveil d’Eli sonne. Wait. Déjà ? J’ai vraiment passé trois heures à zieuter le plafond ou alors je me suis endormie entre temps. Vive comme l’éclair, je me dépêche d’attraper mon petit-ami alors qu’il compte se lever. Hahaha, noooooon ! Je m’accroche à lui comme un panda à son bambou, comme le bébé pingouin à son papa, comme un koala à une branche. Bref, je refuse de le laisser se lever.

« N’y vas paaaaaaas Eliiiiiiii ! Reste à la maison, dis que tu es malade et ne pars pas. S’il te plaît ! » Je le supplie, à la limite du désespoir.

J’ai juste un trop mauvais pressentiment et je ne veux pas du tout qu’il s’en aille. Sauf qu’Eli il est grand, fort et qu’il doit partir travailler. Il me rappelle tout de même que ce soir c’est le weekend, que du coup voilà. Sauf qu’il n’est pas très beaucoup convaincu ; merci Elijah Francis Phillips. Je râle, consens à lui rendre sa liberté pour me cacher sous la couette, boudeuse. Et aïe. Vraiment aïe. Ca ne recommence pas, nouvelle fausse-joie. Et Eli part loin de moi, me laissant seule et abandonnée, comme la paire de chaussettes qui traine dans son bureau et que je n’ai pas la force de ramasser vu que je ne peux plus me baisser. Je suis triiiiiiiste. Je m’ennuie et j’ai froid sans ma bouillotte de petit-ami. Allez, adieu le lit, je vais m’occuper. Puis tout à l’heure je dois voir Athena. Okay. Je peux survivre jusqu’à 14h. C’est facile. Je n’ai qu’à tricoter. Je récupère mon sac dans la cuisine mais en l’attrapant, l’une de ces viles aiguilles s’échappe pour venir tomber sur le carrelage. Je la regarde, à la fois dépitée et énervée.

« Non mais je t’ai vue ! Tu l’as fait EXPRÈS ! Parce que tu sais que je ne peux pas me baisser alors du coup, TU VEUX M’EN FAIRE BAVER ! »

Oui. Je parle à une aiguille à tricoter. J’ai probablement touché le fond, je sais, je crois que j’ai besoin de vacances. Enfin, façon de parler. Ne voulant pas me laisser martyriser par une simple aiguille, je me mets en tête de la ramasser. Maman m’a toujours dit que quand on veut, on peut. Je veux mais je ne peux pas. Non vraiment, j’ai tout essayé, ça m’énerve, je vais pleurer. Tu as gagné la bataille mais pas la guerre ! Promis, je reviendrai. Après ma douche ! Fin de la pause douche. Habillée, prête à affronter ma pire ennemie du moment. Je tente par tous les moyens de l’attraper, seulement voilà, mon énorme ventre ne coopère pas. Poussinou ne coopère pas.

« BON. Maintenant ça suffit comme ça, Nicolas Phillips ! Ca a assez duré ! Tu es gentil et tu arrêtes d’en faire qu’à ta tête et TU SORS. Papa est fatigué d’attendre. Maman aussi. ET AU LIEU DE FAIRE DES FAUSSES JOIES VICIEUSES, FAIS-NOUS PLAISIR ! »

C’est vrai ça ! Ras-le-bol de l’attendre, le Phillips ! Il ne se rend pas compte qu’on en a marre, au bout de neuf mois. Je vous jure que je va-. Wait. Je me trouve très humide, d’un coup. Et l’incontinence, je veux bien mais bon, non hein. D’accord. Alors. Contractions + Liquide. Oui. Oui oui oui. On respire Ivy. Inspiration et expiration. Je regarde l’heure, Elijah ne va pas tarder à rentrer. Bon. On reste zen. On se remémore ce que la sage-femme a dit, ce n’est pas parce que je viens de perdre les eaux que je vais me retrouver avec un bébé sur les chevilles dans les dix minutes qui suivent. Pas de panique. Je vais même aller me changer ainsi que passer un coup de serpillère parce que moyen le liquide amniotique sur le carrelage de la cuisine. Puis je pense à prévenir Athena que finalement, on ne se verra pas. Le sac pour la maternité est dans le couloir, tout prêt. Je reste calme. Je m’étonne moi-même de mon sang froid. Je check de nouveau l’heure. Oh non. MAIS OÙ EST ELI ? IL DEVRAIT DÉJÀ ÊTRE RENTRÉ ! NON NON NON, IL NE PEUT PAS ÊTRE EN RETARD AUJOURD’HUI. JE VAIS ACCOUCHER DANS LE SALON. C’EST PAS VRAI. AU SECOURS. Aïe aïe aïe aïe ! Elles se sont drôlement rapprochées, ces fourbes ! J’entends la porte qui s’ouvre.

« ELIJAH ELIJAH ELIJAAAAAH ! J’hurle, depuis le salon. TU TE SOUVIENS DE CE QU’ON A DIT SI J’HURLAIS ? GREAT. MAINTENANT DÉPÊCHE-TOI ! »

Je vais accoucher. Je vais avoir un bébé. Oh dear, j’avais presque « oublié » ce « détail ».

* * *
Vous savez la péridurale ? Le truc qui doit éloigner la douleur ? Vous voulez rire ? Elle n’a pas fonctionné. Ou genre, à peine pendant une heure et après c’est devenu pire. L’anesthésiste a dit que ça arrivait des fois. J’ai tellement eu envie de lui faire manger son cathéter mais d’une force… Et au bout de sept heures et demi, je commence sérieusement à saturer. Eli aussi, je pense. Dans les films ça va quand même drôlement plus vite que dans la réalité. Genre la fille elle perd les eaux et une heure après elle a son bébé et elle est ultra flex. Je ne suis pas flex. Pas du tout. Surtout pas avec une contraction toutes les minutes et l’horrible souffrance qui me donne envie de me pendre avec des lacets. En plus, j’ai froid aux pieds alors que j’ai chaud partout ailleurs. Ce, même si j’ai des chaussettes qui ne sont pas du tout assorties. C’est tout à fait normal, ce sont celles d’Eli donc je me retrouve avec une chaussette rayée et l’autre à pois. Oui oui oui. Je profite d’un -très- court moment de répit pour fermer mes paupières, je tiens fermement une des mains de mon petit-ami que je serre de toutes mes forces à chaque contraction. Lui aussi doit souffrir un peu.

« Bien, vous êtes à dix. On va pouvoir y aller. »

Oui ? Non ? Je me redresse un peu dans le lit alors que la sage-femme s’équipe comme si elle allait sur un champ de batailles. Je déglutis, je crois que plus le moment fatidique arrive, moins je me sens prête.

« A la prochaine contraction, vous allez pousser de toutes vos forces pendant tout le long, d’accord ? »

J’hoche vaguement de la tête, je me remémore tout ce qu’elle a pu me dire lors des visites et autres cours de préparation à l’accouchement. (…) Encore une fois, ça a l’air juste trop facile à la télé puis quand c’est pour de vrai. Haha. C’est horrible. La douleur a atteint son paroxysme et en plus de ça, je suis épuisée physiquement et mentalement. Ca va faire vingt minutes que je m’acharne, je n’en peux plus. Je me laisse retomber sur le matelas, à bout de souffle. De grosses larmes coulent le long de mes joues. J’ai chaud, froid, mal. Je cache mon visage dans mes mains.

« Je peux plus… Je vais jamais y arriver Eli. » Je bredouille entre deux sanglots.

Il n’y a pas un seul moment où Elijah m’a laissée tomber, pas un. Il retire les mains de mon visage, caresse ma joue puis embrasse mon front en me rassurant et en m’encourageant. Que ferais-je sans lui ? Je prends une profonde inspiration, reprends la main de mon petit-ami, soudainement remontée à bloc. Okay. Poussinou, je te jure que tu vas en sortir, de ton trou ! Et vous savez quoi ? La minute qui suit, on me dit que c’est fini. Puis il y a des pleurs. Et au final on dépose un minuscule bébé contre ma poitrine. Mon bébé. Ca fait tout drôle. J’ai un peu l’impression de m’être faite submerger par une violente vague. Il est là. Notre petit garçon est là et jhsgkjd. Il est minuscule, et même s’il n’a que quelques minutes, je peux déjà dire que c’est le portrait de son père.

« Coucou toi… » J’arrive à murmurer au moment où il ouvre ses petits yeux.

Même si j’ai souffert, que la journée a été horriblement longue, c’est le plus beau moment de toute ma vie. La sage-femme est juste à côté de moi, elle regarde le bébé.

« Alors, vous avez un prénom pour cette petite demoiselle ? »

Je vais répondre que oui, j’ouvre la bouche et c’est alors que la fin de sa phrase est analysée pour mon cerveau. Euh. Demoiselle ? Wait. What ? Je cligne des yeux, pas sûre de comprendre.

« Mais… Euh. Ben. C’est un garçon… »

La sage-femme a l’air aussi sceptique que moi. Du coup, je décide de vérifier par moi-même. J’écarte délicatement le linge dans lequel on a enveloppé Poussinou et… Effectivement. Je relève la tête pour regarder Elijah qui tire exactement la même tête que moi. On se fixe, plusieurs secondes avant que je ne me mette à rire. Poussinou est une fille. Poussinou est une fille et c’est trop génial.





20 mai 2015

Le silence. Après avoir assailli Eli de questions teintées de reproches, c’est le silence qui s’impose. Et parce que ça fait vingt-cinq ans que je le connais, que je peux savoir d’un simple coup d’oeil que ça ne va pas, je n’ai pas de mal à comprendre que quelque chose cloche. Je sens mon coeur se mettre à battre plus fort dans ma poitrine, mes mains deviennent moites et j’ai peur. Ce n’est en rien de la paranoïa, c’est de la lucidité. Je croise mes bras contre ma poitrine, à la fois j’ai envie de le presser de parler, que ce soit fait le plus vite possible mais d’un autre côté… Je crains tellement ce qu’il va me dire que je préfère ne rien dire. J’attends la sentence comme un condamné à mort sur l’échafaud. Parle Eli… Par pitié, ne fait pas durer ce moment plus qu’il ne le faut…

« Je suis désolé… »

Je fronce mes sourcils, secoue vaguement la tête, sceptique. Désolé ? De quoi est-il désolé ? Est-il désolé de ne pas avoir répondu à mes coups de fils ? D’être parti sans laisser un mot pour éviter que je m’inquiète ? S’il te plaît, sois plus précis. Ne balance pas cette phrase qui, sans contexte, est tellement vague.

« On a accompli tellement de choses... Enfin, on n'est pas parti de loin non plus mais je suis plutôt fier de ce qu'on est devenu. Et je suis heureux d'avoir fait tout ça avec toi, et j'étais convaincu que ça durerait jusqu'à la fin des temps mais… »

Premier coup. C’est un premier coup porté à mon coeur. Je reste abasourdie, stupéfaite, la bouche légèrement entrouverte. Tout ça… Non… Je dois me tromper. Ce n’est pas ce que je suis en train d’imaginer. Ce n’est pas possible. Je dois être encore dans l’avion, endormie contre le hublot et je fais un très mauvais rêve. Il ne peut pas en être autrement, pas vrai ? Le prénom de Danny est prononcé, j’essaie de faire les liens entre tous les éléments mais je n’y arrive pas. C’est un tel chaos dans ma tête, les mots s’emmêlent, se heurtent sans avoir de sens.

« Je t'aime, d'accord ? Je t'aime de tout mon être mais je peux pas... Je peux pas continuer. Je suis désolé (…) »

Je ne peux pas. Je suis désolé. Les jambes tremblantes, je m’assieds sur une des marches de l’escalier derrière-moi. J’ai l’impression d’avoir reçu un violent coup de massue ; tout résonne dans mon crâne. J’ignore combien de secondes je reste là, le regard dans le vide, ne bougeant pas, ne parlant pas, respirant à peine. Le choc. Jamais, jamais je n’aurais cru vivre ce moment un jour. Après plusieurs instants, la stupéfaction laisse place à la douleur qui est plus fulgurante que jamais. Je secoue la tête, les yeux fermés pour retenir les larmes qui menacent de couler à n’importe quel moment.

« Tu… Pourquoi tu fais ça ? Briser tout ce qu’on a réussi à construire ? »

Je prends une profonde inspiration, refoule les larmes et sanglots puis rouvre mes paupières pour regarder mon… Regarder Eli.

« Comment peux-tu croire, un seul instant, que je puisse te tromper ? Ai-je une seule raison pour le faire ? » Je demande d'une voix éteinte.

J’ignore pourquoi je tente de discuter, pourquoi je m’évertue à essayer d’arranger les choses. Enfin arranger… Clarifier ? Ma tête est lourde, lourde de chagrin, lourde de douleur tandis que ma poitrine se retrouve vide. Mon coeur ? Il s’est brisé en mille morceaux ; qui je le sais déjà, seront impossible à recoller entièrement. En quelques instants, j’ai vu toute ma vie basculer. Je croyais qu’elle serait heureuse, avec Eli et notre fille mais maintenant je ne sais pas. Tout devient incertain, sombre. J’ai perdu ma famille, l’homme que j’aime et mon meilleur ami. Je me relève, le visage fermé, et sans dire un mot, gravis les escaliers jusqu’au premier étage. Précautionneusement, j’ouvre la porte de la chambre de notre bébé ; s’il y a bien une chose que je ne ferai pas, c’est partir sans ma fille. Louise est installée dans son berceau, endormie et à mille lieu d’imaginer ce qu’il peut bien se passer. Avec une grande délicatesse, je l’habille, l’enveloppe dans sa couverture et la prends contre moi. Elle n’ouvre même pas une paupière. Je ressors de la chambre pour me retrouver face à Elijah ; instinctivement, je resserre légèrement mon étreinte autour de ma petite fille. Qu’il essaie seulement de m’arrêter. Lentement, il secoue la tête me faisant comprendre qu’il ne tentera rien. Bien. Je termine de descendre les trois marches qu’il reste pour me rapprocher de la porte mais suis coupée dans mon élan par la voix d’Elijah.

« S'il-te-plaît... Ne m'empêche pas de la voir. »

Doucement, je me tourne vers le père de ma fille afin de le regarder. Sans rien dire. Je ne réponds même pas, il verra Louise si j’en ai envie. Sur le moment, je ne me rends absolument pas compte à quel point c’est horrible, ce que je fais. J’ai juste tellement mal, je suis si malheureuse que tout ça me rend aveugle. La tristesse m’aveugle, tout comme les larmes que je retiens de toutes mes forces. Partir d’ici. Et le plus vite possible. Il s’approche de la porte et avant que j’ai eu le temps de l’ouvrir, il s’en charge. Je regarde à l’extérieur ; une fois que j’aurai franchi le seuil de cette maison, ce sera terminé. Pour toujours. Mon coeur se déchire un peu plus.

« Hum... Rentre bien ? »

Je le fusille du regard à travers les larmes. Si c’est pour dire cela, il ferait vraiment mieux de se la fermer.

« On va rentrer récupérer nos affaires et ensuite j’irai chez Andrew et Daisy. » Je dis, presque sèchement.

Je ne vois pas où aller à part chez mes cousins. Ici ? Non. Trop douloureux. Trop rempli de souvenirs. Il me faut un endroit neutre, vide de souvenirs avec Elijah, où je pourrai essayer d’apaiser la douleur.

« Pardon. Sois heureuse. Prends soin de Louise.
-Je ne te le pardonnerai jamais Elijah, jamais. Si cela ne pouvait tenir qu’à moi, je voudrais ne plus te voir, entendre parler de toi. Je marque une pause, prends une légère inspiration. Reste loin de nous pour le moment, loin de nos vies. Et plus que tout… Ne viens jamais dire que tu regrettes. »

Qu’il reste seul, à distance de Louise et moi. S’il vient à avoir des regrets, qu’il les garde pour lui, qu’il essaie seulement de dire un mot, il se heurtera à un mur de glace. Il vient de foutre nos vies en l’air, il a tout balayé d’un revers de la main, c’est à lui d’en payer le prix. Seul. Sans un dernier regard, je quitte la maison. Everything ends.




Vendredi 10 juillet 2015, Boston.

« Allô ? »

Au début, je ne sais pas trop à quoi m’attendre lorsque j’entends mon interlocutrice prononcer le nom d’Eli. Puis je me fige complètement, j’en oublie de respirer ; mon portable me glisse entre les doigts pour venir s’exploser sur le sol avec fracas. L’instant d’après, je me retrouve à dévaler les escaliers de la maison tandis que derrière-moi, je peux entendre les voix de mes meilleurs amis qui m’appellent. Pas le temps. Je me retrouve dans la rue, la remonte en courant à perdre haleine ; j’heurte des gens sur mon passage, certains poussent des exclamations mais je m’en fiche. Ma poitrine me brûle, je n’ai plus de souffle néanmoins je ne ralentis pas pour autant, j’accélère même. Il me faut moins d’une dizaine de minutes pour arriver à l’hôpital et me jeter sur la pauvre réceptionniste qui me regarde, l’air perplexe, alors que je tente de reprendre un semblant de souffle pour pouvoir m’exprimer.

« Elijah Phillips. Urgences. Appelez. Où ? Je parviens à articuler.
-Désolée mais nous ne donnons d’informations qu’aux membres de la famille.
-Je suis sa femme. » Je sors sans même réfléchir.

Ca marche. On me dit d’attendre, que je verrai un docteur quand il sera disponible. Je fais les cent pas, me ronge les ongles jusqu’à ce qu’en effet, un médecin arrive pour m’expliquer ce qu’il s’est passé etc. J’écoute, acquiesce en silence, tout ce que je demande c’est d’aller le voir et il finit par m’indiquer son numéro de chambre. Sauf qu’une fois à la porte je reste plantée pendant un certain temps. Est-ce véritablement une bonne idée ? Et si je partais ? Je ne sais pas. Je me tords les doigts et finalement la porte s’ouvre sur une infirmière qui me sourit, m’annonce qu’il est réveillé alors j’entre. Ca me fend le coeur de le voir dans cet état, les larmes me montent aux yeux et j’inspire profondément afin de me calmer. Après deux secondes sans bouger, je m’approche du lit d’hôpital et… Donne une tape sur le bras d’Eli.

« Mais qu’est-ce qui t’a pris ??! Te mettre dans un état pareil !! Tu es complètement con ! Tu as eu de la chance, c’aurait pu être bien pire ! T’aurais pu… T’aurais pu… Je secoue la tête, préfère ne pas terminer ma phrase. Tu es un idiot. » Je finis par souffler.

Encore une fois mes yeux me piquent, je les essuie du revers de la main, main que je finis par tendre vers Eli pour la passer dans ses cheveux. Il est livide, ses cernes noires tranchent nettement sur son teint blafard… Et je ne devrais peut-être pas rester là. Aux dernières nouvelles, c’est terminé. Rien ne garantis qu’il ait très envie que je reste ici, avec lui.

« Je vais te laisser te reposer. » Je murmure tout doucement.

Je le fais sans réfléchir ; je me penche sur lui, dépose un baiser sur son front et me redresse avec l’intention de partir… J’ai à peine fait un pas en avant qu’une grande main se referme sur la mienne ; je me fige. Mon coeur vient de louper un battement, j’ignore comment réagir. Il veut vraiment que je reste ? Je tourne la tête vers lui ; tu n’as pas envie de dire quelque chose ? Oui ? Non ? Si. Il me demande de rester. D’accord. Je ne sais pas. Je ne veux pas partir, j’en suis certaine mais je ne suis toujours pas convaincue que ce soit une bonne idée. Du coup je continue de rester sans bouger, comme une idiote ; et j’ai du mal à regarder Eli, qui pleure. Je n’aime pas ça, ça me fait super mal au coeur de le voir ainsi. J’aimerais juste pouvoir le serrer dans mes bras et ne plus le lâcher. Genre jamais de toute ma vie. Est-ce que je peux le faire ? Ou est-ce complètement déplacé vu que je ne suis plus qu’une ex. Même pas amie. Rien. Je me mords l’intérieur des joues, jusqu’au sang, ce n’est pas agréable ça l’est largement plus que l’énorme tiraillement qui serre le coeur. On se regarde avec Elijah, sans rien dire. Je ne sais pas trop ce que j’attends en fait, et je ne sais pas non plus à quoi m’attendre. La dernière fois que j’ai tenté un rapprochement… Je me suis pris un violent retour de sa part et ça m’a comme qui dirait… Refroidie.

« Tu me manques. »

… D’accord, ça, je ne m’y attendais pas. Pas du tout. Je cligne des yeux, quelques secondes, avant que ces derniers ne se remplissent de larmes. J’ai bien envie de répondre sauf que voilà, ma gorge est légèrement trop serrée pour que le moindre son parvienne à s’échapper de mes lèvres. A la place, je me contente juste d’hocher de la tête. Puis d’essuyer mes yeux aussi. Même si ça ne sert à rien du tout. Je finis par relâcher sa main, m’avance vers le lit d’hôpital et après un court moment d’hésitation, je m’assieds à côté de lui. Je passe un bras autour de lui, l’attire contre moi. Ca fait combien de temps ça, que je n’ai pas pu le faire ? Longtemps. Beaucoup trop longtemps à mon goût. Non mais il a besoin d’être consolé. Moi aussi. Voilà une excellente raison de lui faire un câlin. Je dépose un baiser sur sa tempe, le berce doucement contre ma poitrine tout en passant une main dans ses cheveux. Encore. Oui. Mais ça fait plus d’un mois que je n’ai pas fait ça.

« Pourquoi ? Je dis tout doucement. Pourquoi as-tu fait ça ? Aller jusqu’à l’épuisement ? Sans parler de l’alcool… »

Je secoue doucement la tête, je me sens un peu coupable, pour tout dire.

« Eli… Je suis désolée… Si seulement je pouvais effacer toutes ces choses que j’ai dites et faites… 
Ce n'est pas grave. C'est de ma faute. Tu as été parfaite et j'ai déconné. »

Je baisse les yeux, observe les draps blancs du lit puis secoue la tête pour réfuter. J’aurais dû m’acharner, ne pas me laisser abattre lorsqu’il a décidé de rompre. J’ai été faible, je n’ai pas cherché à me défendre alors que j’aurais pu.

« Et tu as fait ce qu'il fallait pour avancer, et j'en ai fait autant mais j'imagine que ni ta solution ni la mienne n'était la plus judicieuse. 
-On est des idiots… » Je termine en relevant finalement mon regard.

C’est vraiment ce que nous sommes. Deux idiots. Mieux vaut tard que jamais pour s’en rendre compte, pas vrai ? Ses bras reviennent autour de ma taille, mon corps retrouve la chaleur du sien et j’appuie mon front contre son crâne en fermant les paupières. Ce n’est pas grave. On ne peut-être pas effacer toutes ces souffrances mais on peut toujours les mettre derrière nous, ne plus y penser, ne plus en parler. Genre jamais de toute notre vie. Ou au moins du temps qu’on va rester là, dans cette chambre d’hôpital.

« Je t’aime. »

J’éclate en sanglots. D’un coup, sans prévenir. Quelque chose s’est brusquement brisé, a volé en éclats. Mais en bien. Ce n’est plus la peine qui me submerge ; c’est autre chose, une chose que je pensais ne plus jamais ne serait-ce que toucher du doigt : le bonheur. Il m’aime. Ca me suffit amplement pour envoyer valser tout le reste. Plus rien n’a vraiment d’importance par rapport à ça. Je me redresse légèrement, frotte mes yeux et, viens délicatement enserrer le visage d’Eli pour pouvoir plonger mon regard dans le sien. J’arrive même à esquisser un sourire.

« Tu m’as tellement manqué. Plus jamais ça ne se reproduira, d’accord ? Je ne te laisserai plus partir, tu devras me supporter pendant encore très très longtemps ; toute ta vie, minimum. »

De mon pouce, je caresse doucement l’une de ses joues tandis que je dois encore prendre sur moi pour ne pas me remettre à sangloter.

« On ne pourra pas effacer tout ce qu’il s’est passé ; mais tout va s’arranger. Je te le promets. Tout ira bien, pour toi, pour moi et pour notre Louise. J’y veillerai. »

Voilà. Exactement. On va arrêter les conneries maintenant, elles ont assez duré, ont assez fait de dégâts aussi. J’appuie doucement mon front contre celui d’Elijah, juste un court instant, avant d’être prise par une envie irrépressible ; impossible à contrôler. Mes lèvres effleurent brièvement les siennes avant de finir par s’en emparer complètement. Et voilà. Ca, c’est complètement naturel. Même après deux mois. Même après un immense lot de souffrance. Rien ni personne ne pourra jamais détruire ou changer quelque chose d’aussi immuable que mon amour pour Elijah. Je me détache à peine un peu de lui, juste à quelques centimètres, afin de pouvoir le regarder.

« Je t’aime. »




22 août 2015, Pays de Galles.

« Je fais une tête bizarre ? Mais trop pas, c'est toi qui fait une tête bizarre ! »

Comment ça, je fais une tête bizarre ? Mais non ! Je suis juste perplexe de le voir rentrer. Surtout que comment dire… Je ne l’ai pas vu sortir. Je l’aurais remarqué, tout de même ! J’étais sur le perron durant tout le coup de fil et je n’ai pas vu mon petit-ami mettre les pieds dehors. C’est étrange. Ou alors j’étais tellement occupée à essayer de me débarrasser de ma mère que je n’ai même pas remarqué mon tendre quitter la maison ? Possible. Je peux être tête en l’air, par moment. Mais je finis par sourire et hausser des épaules ; d’accord peut-être ai-je une tête bizarre, en fin de compte. Puis il se moque de moi et la seconde qui suit, je me retrouve avec une fleur dans les cheveux. Il est allé faire sa princesse et il a ramassé des fleurs ? Trop mignon !

« Voilàà, tu es la reine des fleurs et je t'aime !
-Trop adorable, merci bien ! »

Il est mignon. Et bref, on a un repas à terminer. Du coup on reprend là où on en était avant que ma mère ne vienne nous interrompre. Je relate ce que ma mère m’a dit par téléphone, que Poussinou va bien, qu’elle n’est pas malheureuse et que personne n’est méchant avec elle. Bizarrement, il s’en doutait déjà un peu. Je ne vois pas pourquoi, nos parents sont de vrais monstres et ils nous ont maltraité toute notre vie ! Euhm. Oui bon. Une fois le repas prêt, je vais récupérer le panier spécial pique-nique que ma grand-mère garde précieusement depuis… Moult temps. Vu la tête du truc, je pense qu’elle l’utilisait déjà quand elle l’âge de Louise. On a tout, je crois qu’on est radis ! Okay. Je laisse le soin à Eli de prendre le panier ; Eli qui est bien silencieux. Ca ne lui ressemble pas. Etrange. Tout est étrange. Comme se retrouver au lac ; la dernière fois, il y avait les cousins diaboliques et un nez s’est retrouvé cassé. On y est ; on descend de la voiture et je regarde mon petit-ami qui… Ne dit pas grand-chose. Bien bien bien. Alors on va à droite ou à gauche ? A droite donc. Je ne sais pas pourquoi, je suis devant mais derrière-moi, par moment, Eli pose sa main sur mon bras en mode « non par lààààà ! » Donc je vais par là. Par là, c’est vers un arbre. Où il y a des bougies. Et. Quoi ?

« Surprise. »

Je m’arrête, cligne des yeux. Alors c’est pour ça qu’il est sorti ? C’est… Trop mignon. Les bougies en forme de… Coeur. Oui, il le précise, il fait bien parce qu’on dirait…

« Et... La boîte c'est pour toi.
-Hein ? » Je fais, incrédule.

Une boîte ? Où ç- Oh. Oh. Effectivement, posée au centre du coeur, une petite boîte. A nouveau je cligne des yeux et il me faut quelques secondes pour me pencher et récupérer l’objet. Je ne comprends pas. Enfin si. Mais non. Il n’est tout de même pas en train de… J’ouvre la boîte. Et un petit sourire étire mes lèvres tandis que je récupère la breloque en forme de coeur. Je vais peut-être pleurer. Finalement, ce n’est pas ce que je pensais !

« Ça fait des années que je l'ai, et je pense qu'il est temps qu'elle soit enfin à toi.
-Merci… » Je murmure avec la voix un peu éteinte.

J’ai tout juste le temps de l’accrocher à mon bracelet que la main d’Eli attrape la mienne puis… Se met à genou. Pardon ? Pourquoi il fait ça ? Et pourquoi il a une autre boîte ? Et pourquoi il y a une bague à l’intérieur ? Ma bouche s’entrouvre puis se referme.

« Est-ce que tu voudrais m'épouser ? »

Oh. Oh mon Dieu. Ce n’est pas vrai. Non. Non non non.

« Et attends, j'ai des tas d'arguments ! Parce que tu es la femme de ma vie et que je t'aime et que je veux pouvoir t'avoir à moi seul pour la fin de mes jours ? Parce que tu es le Steve de mon Tony ? Parce que je veux que tu sois ma compagnionne pour toujours ? Parce que nous avons un enfant et que nous vivons dans le péché ? Parce que je suis amoureux de toi et que je sais que l'amour n'est qu'un cri dans le vide, mais la fin de la citation on s'en fiche ? »

Si. C’est vrai. Eli est vraiment en train de me faire une demande en mariage. Mon coeur s’accélère brusquement, je sens mes yeux qui commencent à s’humidifier dangereusement. Elijah, mon meilleur ami depuis toujours, l’amour de ma vie et le père de ma fille me demande de l’épouser. Et je ne suis pas plongée dans un rêve. Ou influencée par l’alcool ou une quelconque drogue. C’est réellement en train de se passer.

« Juste le premier argument, en fait ? Parce que je t'aime et je veux que tu sois mienne, veux-tu m'épouser Ivy Samuels ?
-Oh mon Dieu j’étais pas prête. »

… Non je ne voulais pas dire ça.

« Non ! Enfin si. Non. Pardon. » Je fais, absolument confuse.

Je baisse les yeux, secoue la tête doucement pour reprendre mes esprits puis me mets à rire doucement. Je suis idiote. Je reprends ma contenance, prends une grande inspiration puis relève mon regard pour le poser sur Eli.

« Oui. Bien sûr que je veux t’épouser Elijah Phillips. Oui oui oui, mille fois oui ! »

Parce que c’est ce dont j’ai toujours voulu. Qu’à une époque, je pensais que ce serait impossible. Et qu’aujourd’hui… De ma main libre, je vais essuyer mes yeux larmoyants tandis qu’Eli glisse la bague à mon doigt. J’attends qu’il se relève pour pouvoir passer mes bras autour de son cou afin de l’embrasser. D’embrasser mon fiancé. Mon fiancé. Ggjfhgkjdhfgkedeshgfdke. Elijah est mon fiancé. Et moi je suis sa fiancée et d’accord, il faut que je respire.

« Je t’aime. »

Oui, je l’aime. A la folie. Et quelque chose me vient en tête ; ça fait tilt tout d’un coup. Je mets mes mains sur ses épaules, le repousse légèrement pour le regarder.

« C’est pour ça que ma mère m’a posé un tas de questions suspectes ! … Ce serait pas toi qui lui aurais demandé de m’appeler, juste le temps de m’occuper ? Je le questionne, avec un sourire en coin. Tu es fourbe. Mais je t’aime. »

Et pour la peine je l’embrasse à nouveau. Juste parce qu’il est fourbe. Et aussi parce que je l’aime, accessoirement. Et qu’on va se marier. Et… Ffgdkjsdf.



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